ArtCraft : 7 alternatives open source à Adobe

Depuis quelques jours, l’équipe d’ArtCraft a publié 7 applications open source pour remplacer Adobe : Photoshop, Illustrator, Premiere Pro, Lightroom, Acrobat, After Effects et InDesign. L’ambition est claire et le projet avance très rapidement. Mais qui se cache derrière ArtCraft, quelles sont leurs ambitions, comment sont-ils financés ? Des questions légitimes…

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ArtCraft

ArtCraft est un outil de création d’images et de vidéos assistée par IA, dont le code est publié sur GitHub. Il se présente comme un « IDE* pour artistes ». Au lieu d’utiliser un simple prompt, ArtCraft propose un contrôle total (poser les personnages en 3D, composition de scènes, retouche par masques, image vers vidéo…) et agrège de nombreux modèles comme Nano Banana, Kling, Seedance ou encore Sora.

Qui est derrière ArtCraft ?

Le projet est porté par un certain Brandon Thomas, présenté comme un ancien dirigeant de storyteller.ai. Sur GitHub, le dépôt compte près de 15 000 commits et plus de 2 000 étoiles. On est sur un projet solide et pas sur une simple expérimentation 🙂

Qu’est-ce que les Crafting Apps ?

La nouveauté (la raison pour laquelle on en parle aujourd’hui), ce sont les Crafting Apps : 7 applications (apparues en quelques jours) qui visent chacun un logiciel de référence chez Adobe.

Application Équivalent visé Statut affiché
PhotoCraft Photoshop Early alpha
PdfCraft Acrobat Early alpha
VectorCraft Illustrator En développement
FilmCraft Premiere Pro En développement
LightCraft Lightroom En développement
EffectCraft After Effects En développement
DesignCraft InDesign En développement

Motivations et ambitions

Les Crafting Apps reposent sur plusieurs principes revendiqués : code ouvert sous licences permissives (MIT ou Apache 2.0), applications natives en Rust, interface familière (pour ne rien réapprendre), traitement local des fichiers, pilotage par CLI, canal JSON ou serveur MCP pour l’automatisation et les agents IA. Enfin, sachez que 6 des applications peuvent être exécutées dans un navigateur.

Vous vous en doutez, on ne peut pas sortir autant d’applications aussi poussées sans une équipe composée d’une centaine de personnes… ou se faire aider par des agents IA. Selon IT-Connect, 8 agents Claude Opus 5.5 auraient travaillé en parallèle ! Cela explique la rapidité et la quantité de code produite aussi rapidement… même si cela nécessite une supervision et validation humaine.

Côté ambitions, l’éditeur affirme vouloir aller bien au-delà… et souhaite travailler sur des alternatives à Microsoft Office, AutoCAD ou encore SolidWorks.

Modèle de rémunération

La question que tout le monde, est-ce gratuit ou payant ? Les Crafting Apps sont gratuites et open source. Rien n’indique qu’elles passeront payantes dans les prochains mois. Mais ArtCraft propose des forfaits pour la génération d’images et de vidéos par IA :

  • Basic : 10$/mois (1 000 crédits, environ 250 images avec Nano Banana) ;
  • Pro : 35$/mois (3 750 crédits) ;
  • Max : 60$/mois (6 600 crédits)…

Ce modèle ressemble à d’autres projets open source. Le logiciel est libre, gratuit… mais le service Cloud qui l’accompagne est payant.

Et Adobe ?

Adobe domine la création numérique depuis de nombreuses années. Certes, il y a des concurrents (majoritairement payant) et Adobe se finance via des abonnements liés aux applications. Pas d’abonnement = pas d’application…

Adobe Crafting Apps
Modèle Abonnement Gratuit et open source
Code Propriétaire Public (MIT / Apache 2.0)
Traitement Local et Cloud Local, fichiers sur votre machine
Plateformes Windows, macOS Windows, macOS, Linux
Automatisation Scripts et plugins propriétaires CLI, JSON, MCP
Maturité Référence du marché En cours de démarrage

Avantages d’un projet open source

J’ai testé PhotoCraft et j’avoue que dès les premières secondes d’utilisation, j’ai été impressionné. L’application est légère, rapide, stable… et on retrouve facilement ses habitudes. Cependant, l’application n’est pas encore au niveau de Photoshop et contient encore des bugs. Les avantages sont nombreux :

  • Open source : le code peut être lu, audité et forké ;
  • Pas d’abonnement : Pas de coût et pas de dépendance ;
  • Maîtrise des données : Les fichiers restent sur votre machine ;
  • Pérennité : Le logiciel peut survivre à son éditeur ;
  • Légèreté et portabilité : Des applications natives par défaut (y compris sous Linux) ;
  • Automatisation : Un pilotage possible par ligne de commande ou MCP (traitements par lots et workflow) ;
  • Transition facilitée : Les menus, panneaux et raccourcis sont proches de ceux d’Adobe…

Prudence avant de télécharger

Ces outils sont gratuits, stables… mais ils ne sont pas finalisés. Même si PhotoCraft et PdfCraft sont en Alpha (avant Beta), les autres sont en développement (comprenez par là, à utiliser avec précautions). Si on prend l’exemple de PhotoCraft, l’éditeur le reconnaît lui-même : on est à moins de 50% de Photoshop. Il est encore trop tôt pour faire le grand saut… mais vous pouvez déjà faire quelques tests.

En synthèse

ArtCraft propose des alternatives libres, locales et scriptables à la suite Adobe. Le projet est ambitieux, transparent sur son état d’avancement et très actif. Au moment où sont écrites ces lignes, nous ne sommes pas en présence d’un « vrai » remplaçant à Adobe… c’est en cours de construction. Cependant, les applications méritent d’être testées et suivies de près.

[edit 20h44] Les clones gratuits de Microsoft débarquent : WordCraft (pour Word), GridCraft (pour Excel), Deckcraft (pour PowerPoint)

 

* Integrated Development Environment ou en français environnement de développement

  1. J’avoue que je ne sais pas quoi en penser. J’utilisais énormément Lightroom avant (pro), mais depuis que j’ai changé d’activité, chaque renouvellement d’abonnement me fait mal ^^.

    Je viens de tester 3mn lightcraft, la vache ça fonce, même en dèv’ !
    Il faut que je réflechisse à comment intégrer un cloud la dedans, pour la synchro avec immich et depuis mon tel.

  2. Pérennité bof, avec l’IA on va tous pouvoir faire des forks et des forks de forks. Un fork qui tient pas debout ? Pas grave on utilise pas 100% des fonctionnalités

    Qui va payer pour de l’IA dans des logiciels alors qu’on peut payer l’IA pour faire SON logiciel ? ==> Démonstration par l’exemple avec le commentaire de Rutrapio : « Il faut que je réflechisse à comment intégrer un cloud la dedans, pour la synchro avec immich et depuis mon tel. »

    Au moins Adobe on paie pour quelque chose de solide

  3. Autant ca fait pas de mal de bousculer un peu Adobe, autant on est sur du vibe coding pur jus et j’ai un gros doute quant à la maintenabilité du projet.
    En tout cas en l’état je ne conseillerais à personne de remplacer ses outils par ceux la, mais tester ca coute rien 🙂

    A lire le weekly report de selfh.st, pour le petit coté drama :
    https://selfh.st/weekly/2026-10-09/...

  4. Il existe d’autres alternatives certes pas en suite, comme
    – gimp / équivalent Photoshop
    – Davinci Resolve / eq. Premiere
    – ….

    Sinon en suite : Affinity qui est maintenant dans le giron de Canva

    Car comme l’explique notre Ami Korben qui a fait un article sur le même sujet, la pérennité de ce genre de produit booster a l’ia , quand est il de la gestion des bug ? Sur qui cela repose ? 1 personne?

    1. Tout à fait d’accord, il est difficile de savoir ce que va donner ce projet et tous les autres. Il faut laisser le temps au temps…
      Tous les jours, on reçoit des e-mails de sollicitation pour un nouvel OS pour NAS DIY, une nouvelle applications révolutionnaire, etc.
      Au final, ils sont tous vibecodés pour répondre à un besoin. Ce n’est pas mal ou grave en soi, mais la grande majorité sont payants avec 3 mois d’existence (6 grand max).
      A croire qu’un vendeur de rêve leur a refourgué une formation « Comment se faire des millions $ grâce à l’IA ».

      Résultat, impossible de distinguer le bon grain de l’ivraie…

  5. Il y a une discussion intéressante sur le site de Pierre Lecourt (je ne sais pas si je peux citer le site), au sujet de ces logiciels.
    Si j’ai bien compris, c’est open source, mais pour réellement en tirer parti il faut prendre un abonnement mensuel entre $8 et $48 , et les données sont alors traitées par l’IA.

    1. C’est indiqué dans l’article… mais non, on n’est pas obligé de prendre un abonnement pour profiter des logiciels, sauf à dire qu’il faut absolument de l’IA pour de la retouche photo ou des créations

  6. Sinon, il y’a DXO Photolab qui est Français et avec la dernière mise à jour la collaboration avec Affinity et simplifié. Pour moi c’est la meilleure alternative 😉

    1. DXO est désormais gratuit ? Aux dernières nouvelles, il fallait compter 250€ la première année puis 130€ tous les ans… non ? J’ai peut-être loupé un truc

  7. Moi je crache pas dessus, je trouve çà top de pouvoir enfin modifier un fichier pdf sans être obligé d’acheter adobe reader pro.
    Parfait pour pouvoir créer ce que l’ont veut en occasionnel quand on est pas un pro

  8. La formule d’abonnement d’Adobe est la raison n° 1 pour laquelle je suis volontairement resté sur mes vieilles versions CS2 de Photoshop, Illustrator et InDesign.

    Je comprends qu’on hésite à faire le saut quand on utilise des versions actuelles et payées de la suite Adobe (enfin, moi j’ai récupéré une vieille boîte donc c’est légal, mais vous m’avez compris).

    Mais dans mon cas il y a une partie des inconvénients/des risques qui saute ! CS2 tourne encore sur Windows 11, mais c’est sûr que c’est pas aussi fluide que d’autres softs… !

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